TAPAGE et les médias

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Un Brio à la française

Concert d'ouverture du Grand Bal de BATH les 3-4-5 septembre 99 (Angleterre)

......La réaction de l'auditoire fut tout autre dès que TAPAGE entra en scène et fit de la soirée un événement hors du commun.

Leur première chanson fut saluée par de bruyantes acclamations et de chaleureux applaudissements. Les musiciens, dont le répertoire est essentiellement constitué d'airs à danser du Boubonnais, région du centre de la France, ont fait montre d'un style élégant et d'une grande compétence musicale.

Avec ce brio qui caractérise si bien les français, ils ont enchaîné des valses romantiques, des bourrées entraînantes, des polkas et des scottischs. Ils ont même su apporter une petite touche personnelle ou une allusion politique bien sentie à l'interprétation de certains airs Klezmers et à quelques chansons Yiddish ou Irlandaises.

Le point fort restera à mes yeux, le solo de Stéphane DURAND interprétant avec fougue et passion débridée un air intitulé TAPAGE et dont le groupe a tiré son nom, ainsi que Régis DUPUIS, totalement envoûtant à la cornemuse et qui parvient à combiner un jeu tout en agilité et légèreté et une impressionnante présence scénique.

ROSIE UPTON

 


COSSÉ LE VIVIEN Février 99

 


Extrait de l'article de

TRAD MAGAZINE

N° 56 - Octobre/Novembre 97

 

Rencontre avec Régis DUPUIS, Christelle et Stéphane DURAND, à l’occasion de la sortie du disque
"Tapage".
 
Florence :
Comment s’est passée votre rencontre, en fait récente ?
 
Stéphane :
L’envie de jouer ensemble date du festival de St Chartier 95, Régis et moi étions déjà copains et nous avons eu là l’occasion de discuter 
(Régis me donnant des conseils sur les morceaux que je présentais au concours)et de faire des "boeufs".
 
A partir de là, nous avons mis en place un trio : Régis, Thierry Pinson au diato et moi-même ; trio avec lequel nous avons enregistré pour 
le CD "Vielles 96".
 
	L’année suivante, l’idée d’un disque sur le couple vielle en Ré et cornemuse 20p avec des invités germait dans nos têtes. Ma soeur 
jouant dans une autre formation, elle s’est rapidement et naturellement intégrée au groupe avec un rôle indispensable amenant 
profondeur et énergie.
 
Régis :
La rencontre avec Stéphane était pour moi une épreuve et un défi à relever, face à sa virtuosité. Il a fallu, (et il faut encore) "assurer", 
cela m’oblige à travailler mon instrument constamment et rigoureusement.
Au festival de St Chartier 96, j’ai présenté au concours des morceaux introduits par "Frou-frou", j’avais écrit des chromatismes dans tous 
les sens afin d’épater la galerie ; résultat : avec le stress de ce concours, rien n’est "passé" et ma prestation n’a pas été du tout à la hauteur 
de mes éspérances. Sur cet échec, je n’ai plus touché à la cornemuse de 
juillet à novembre. Les nombreux coups de fils de
Stéphane me relançant pour le disque et un concert prévu à Clermont, m’ont remis sur les rails. Il est certain que, sans cette confiance que 
Stéphane m’accorde, nous n’aurions jamais eu le plaisir d’enregistrer cette année.
 
Florence :
Et aujourd’hui, vous sortez ce disque : "TAPAGE" qui est à la fois le nom du groupe et celui d’un morceau.
 
Christelle:
Le nom du groupe est venu assez logiquement puisqu’il s’agit du nom du morceau avec lequel Stéphane a remporté le concours 
de St Chartier. Il était normal que, déclencheur de toute l’histoire, le nom de cette bourrée soit adopté. Il symbolise également 
notre envie de travailler essentiellement des compositions dans lesquelles chaque instrument ait fort à faire.
 
Régis :
Stéphane et moi avons écrit 20 titres sur les 25 que comporte le disque). Nous sommes tous les trois issus de la musique de bal, 
c’est pourquoi les compositions sont faites dans ce sens. Nous avons plaisir à faire danser les gens et le fait de n’utiliser que des 
structures de danse ne nous limite pas dans la création. Le tempo, les appuis, la tessiture de nos instruments sont nos seules contraintes 
de départ, ensuite toute liberté est prise.
 
Florence :
Quelle est pour vous l’originalité de votre groupe, sachant que vielle-cornemuse-accordéon est un triptyque assez répandu ?
 
Stéphane :
Tapage est la réunion d’individus aux univers musicaux différents, cela se ressent dans notre répertoire et apporte une grande variété 
de couleurs au disque. Chacun amène ses envies musicales, ses influences.
Régis ose beaucoup de choses à la 20p, des mélodies et contrechants fournis et difficiles. Pour moi, l’originalité de ce disque réside 
vraiment dans la variété : des compositions, des ambiances mais aussi des jeux. En effet, l’utilisation de la vielle électro-acoustique 
sur "Tapage", le fait que Christelle et Régis interviennent à l’accordéon dans des styles et des tonalités différentes, contribuent à en faire 
un CD qui bouge tout le temps, qui incite au voyage.
 
Régis :
D’autant plus que cette variété reflète vraiment nos centres d’intérêt : de la valse berrichonne au morceau électro-acoustique de 
style techno, en passant par les musiques bourbonnaises, Klezmer ou irlandaises.
 
Pour ma part, je suis l’élément isolé du groupe : à la fois géographiquement et en terme de parcours. 
Après avoir commencé l’accordéon diatonique sol-do, je me suis passionné pour la musique irlandaise et le jeu de
diatonique do# ré.
La cornemuse n’est arrivée que plus tard avec l’envie de jouer cette musique à bourdon. Celui que l’on pose sur l’épaule qui ronfle ou vous saoûle.
Je n’ai donc pas baigné dans la musique du centre depuis tout petit. 
Perdu dans ma Champagne, je n’ai que trop peu l’occasion de jouer avec d’autres cornemuseux, j’habite pour ainsi dire, "en zone franche", j’apporte à
Tapage d’autres couleurs et des influences diverses.
 
Florence :
Comment s’est construite cette musique, selon quelle méthode de travail ?
 
Stéphane :
On se transmet la mélodie de base par K7 pour que chacun puisse travailler sa partie, puis on se retrouve 
pour "faire tourner le morceau", rectifier les lignes mélodiques en fonction de la grille d’accords (ou parfois l’inverse).
 
Christelle :
Chacun ayant un rôle précis à tenir dans la formation, il y  a des domaines de prédilection dans les arrangements. 
Chacun s’occupe de son instrument,  le travail personnel consiste pour chacun, à trouver sa place. 
Régis travaille un seconde voix mélodique, Stéphane s’envole dans les improvisations, quant à moi, je cherche la grille d’accords 
la plus riche possible tout en gardant l’esprit du morceau, cela permet à chacun de privilégier ses envies 
musicales : le côté création mélodique pour Régis et pour Stéphane et le jeu d’accompagnement pour moi. 
La réflexion d’ensemble sur les morceaux se fait quand on les "tourne", parfois l’un d’entre-nous doit revoir sa copie. 
Et quand le morceau est prêt, nous sommes trois à le sentir vivre et là, c’est top !
 
Régis :
C’est la seule organisation du travail que nous pouvons trouver. Nous ne pouvons nous rencontrer chaque semaine pour 
trouver des arrangements au fur et à mesure que l’on fait tourner les mélodies. 
Cela m’arrange d’une certaine façon car ayant peu l’occasion de jouer avec les copains, je ne peux rechercher de 
contrechant en improvisant sur trois ou quatre mesures. Je chantonne, j’écris et j’apprends. Je m’attache particulièrement 
à rechercher les lignes mélodiques qui "sonnent" parfaitement entre cornemuse et vielle.
Florence :
Donc un Cd varié, avec beaucoup de compos et la présence d’invités...
 
Christelle :
Il y a trois chants dans trois langues différentes pour lesquels on a fait appel à Brigitte Dupuis, que l’on peut écouter dans 
le dernier Cd du groupe de musique Irlandaise "Korrigan". 
Il  y a aussi la présence de Dominique Mollet et Jean Védrine à la contrebasse et au piano. Ils étaient passés, un jour, 
chez Régis, et à trois ils avaient joué "Dix cors" et "Max & Manu" des bourrée à 2 temps. Régis a souhaité revivre ce moment 
et le graver sur le Cd.  C’est d’ailleurs sympa de leur part d’avoir accepté, alors que nous le leur avons demandé la veille pour le
lendemain !
 
Nous avons également souhaité la présence d’une clarinette sur quelques morceaux...Le principe de faire appel à  des invités 
nous permet d’avoir des palettes sonores variées qui correspondent à
ce que l’on a dans l’oreille.
 
Florence :
Des projets pour le groupe ?
 
Stéphane :
Nous avons concentré toute notre énergie sur ce disque et maintenant quelques concerts sont prévus, en commençant 
par celui du 4 octobre à Avermes (Allier).
 
CD "TAPAGE", collection Musiques à grain, AMTA
Sortie en Décembre 1997.
 
Contact : 
DUPUIS régis
4 rue de la bascule
51400 Prosnes
Tél : 03.26.61.73.36
Fax : 03.26.61.71.79
 
 
AMTA "Les musiques du paysage"
Place Eugène Rouher
63204 RIOM
Tél : 04.73.38.87.36
 

Chronique du disque de TRAD MAG N°59
 
TAPAGE A.M.T A. - Tél: 04 73 38 87 36 Durée 50'16 
Christelle Durand (accordéon), Régis Dupuis (cornemuse, accordéon, Stéphane Durant (vielle)
On ne peut s'empêcher de les comparer au trio P Bouffard. Trois musiciens, trois instruments 
pour une musique assise sur un terroir et qui éclate sous les coups répétés des volcans d'Auvergne. 
Ce trio là a de la puissance, de la virtuosité et une richesse culturelle. 
Le voyage qu'il nous propose est Bourbonno-Européen: voir certains arrangements 
et les deux chants (I'un Yiddish, I'autre irlandais magistralement interprétés par Brigitte Dupuis). 
Un TransEurope-Musical vivant, coloré et métissé qui fait aussi la part belle à des compositions 
(empreintes du sang bourbonnais) que l'on retrouvera sans conteste dans les travées des 
festivals de l'été. Moins rock que le trio Bouf' mais tout aussi efficace. Carré pour la dense, 
chatoyant à l'oreille, c'est cent fois plus intéressant que le ronron du T. G.V.
Thierry Laplaud 
 

ARTICLE DE LA MONTAGNE APRÈS LE CONCERT du 4 octobre 1997 à AVERMES (Allier)

Une soirée envoûtante et enivrante

Bourrées à trois temps, polka, valse, mazurka, scottisch...

Initiation à la danse, ateliers musicaux, concert, bal : la 5ème nuit des musiques traditionnelles proposée, samedi, Isléa, par l'AVCA et la Jimbr'tée, n'a pas déçu le public venu plus nombreux que l'an dernier. un rendez-vous entre amis et amateurs d'un style de musique qui tend, aujourd'hui, à reprendre une place bien méritée dans le paysage musical français.

Emporté par le tourbillon d'une polka ou bercé parune complainte, entraîné par le rythme saccadé d'une bourrée ou envoûté par un chant gaëlique : le concert qu' a offert, samedi soir, le groupe TAPAGE, lors de la 5ème nuit des musiques traditionnelles organisée par l'AVCA et jimbr'tée, a subjugué un public venu plus nombreux que l'an passé.

Stéphane Durand à la vielle, Christelle Durand à l'accordéon, Brigitte Dupuis au chant et Régis Dupuis à la cornemuse et à l'accordéon ont invité les auditeurs à se plonger dans un répertoire des éclectiques, "de couleurs et d'horizons différents", de mélodies toutes plus enivrantes les unes que les autres, chacune dans leur style. De la bourrée, où les sonorités s'entremêlent, à la complainte qui s'étire jusqu'au dernier souffle, de la deferlante de la polka ("petite récréation") au chant yiddish solennel et transperçant....

Les genres se sont succédé avec la même dextérité de la part de tous les membres de ce jeune groupe, qui vient de réaliser son premier compact-disc.

Et la salle s'est mise à fredonner ce "Frou-Frou" revisité à la mode traditionnelle ; a retenu son souffle, emerveillé devant le solo de Stéphane Durand à la vielle électro-acoustique ou celui de Régis Dupuis à la cornemuse. ; s'est laissé porter par ce "Soir venu" et "Les Héritiers" qui a clôturé le concert sous un tonnerre d'applaudissements.


Chronique du Cd "Tapage" dans le journal LA MONTAGNE.

TRADITIONS

Une veille, un diatonique et une cornemuse, il n'en faut pas plus pour donner des couleurs bien nettes à des mélodies traditionnelles, puiser aux sources imaginaires pour en composer d'autres tout aussi nettes, en s'ouvrant pourtant les oreilles sur des ambiances musicales d'ailleurs.

TAPAGE ENTRE LES OREILLES

Stéphane Durand, Christelle Durand et Régis Dupuis l'annoncent d'entrée, les musiques traditionnelles sont leur passion. C'est celle des ............des mélodies de campagne. C'est aussi celle de l'ouverture des oreilles en grand afin de s'enrichir .......d'ici et d'ailleurs. Et ces trois jeunes musiciens se sont réunis pour enregistrement baptisé "TAPAGE" aux couleurs bourbonnaises tranchées.Les sons des vielles de Stéphane Durand son jeu très .......et les bourrées à 2 ou 3 temps assez typées. D'abord : la grande cornemuse (20 pouces) de Régis Dupuis ensuite les accords des diatoniques de Régis Dupuis (toujours) et Christelle Durand enfin.

Les arrangements sont personnels au groupe, leurs choix aussi, notamment avec un chant en langue gaëlique "Gabhaim molta Bride" interprété par Brigitte Dupuis. Les paroles parlent de sainte Brigitte qui, dans le coeur des Irlandais tient presuqe autant de place que St Patrick.

L'étonnant vient encore d'un chant bien connu des juifs d'Europe centrale "Shpil-je mir a lidele in Yiddish". De nombreux et différents textes ont été portés par cette mélodie, des versions plus tristes et plus lentes furent composées et chantées dans le ghetto de Varsovie.

Régis Dupuis fait suivre cette interprétation d'une polka de sa composition s'inscrivant dans le même registre. Ces choix de répertoire s'en vont ailleurs avec "Frou-Frou", une valse érotico-comique de l'ente-deux-guerres intrepétée ici à la cornemuse privée de bourdon, et enfin avec "Tapage", une bourrée deux temps composée par Stéphane Durand sur une vielle électro-acoustique.

Les bourrées à deux temps et le rock sont basés sur même rythme binaire et "Tapage" (titre générique du disque)oscille avec fortune entre les deux ambiances : toutefois, un bémol pour l'utilisation ici d'une batterie électronique.

La piano, la contrebasse viennent agrémenter avec sobriété ce disque qui recèle plusieurs bons moments sans parler de l'interessant livret . En effet les deux bourrées à trois temps qui constituent la première plage, et comme toutes les autres enregistrées sur ce disque surprendront les tympans auvergnats (pas bourbonnais) par leur jeu moins montagnard.

"COPSA MICA", une scottsich de composition en référence à une ville de Transylvanie se réécoute aussi avec plaisir tout comme la valse à Fleuret.

Si vous aimez les syncopes, les musiciens en savent les qualités de relance pour les danseurs, vous serez comblés par "L'Émeraude", autre scottisch composée. Les fins de phrases y sont, en autre, légérement arabisantes, techniques, ce morceau n'arrivent pas à se décider entre majeur et mineur.

Deux autres compositions, "Le soir venu" et "Les héritiers" (scottisch et bourrée à deux temps), synthétisent tout à fait les ambiances musicales de ce disque.

CHRISTIAN SUC.


 

Franci